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      ® Mercredi 8 Février (suite) C’est une fournaise (au moins 35°…) qui nous accueille sur le tarmac de l’aéroport international Mataveri, (point N° 13 carte itinéraire) dire qu’il n’y a que quelques heures encore, lorsque nous quittions Punta Arenas en Patagonie, il faisait 5 ° tout au plus, il va falloir gérer cette subite chaleur et le décalage horaire de 2 heures.  Un chien erre parmi le tapis des bagages, qu’est-ce ? un chien perdu, vite SOS fourrière !..... grossière erreur…. il n’erre pas, il renifle....

Les valises récupérées, sans l’aide de Pluto   nous faisons la connaissance du mari de Flora, notre prochain guide. Après nous avoir passé un collier autour du cou en signe de bienvenue, il nous mène à l’hôtel et nous donne les informations pour le repas du soir et le rendez-vous de demain matin.



On est au cœur du « Tapati Festival » dont l’esplanade n’est qu’à quelques centaines de mètres de l’hôtel.

Il n’est que 17 heures, heure locale, un peu de calme après cette journée plutôt longue et mouvementée (10 heures d’avion entrecoupées d’une d’attente de 4 heures, des fortes turbulences au retour de Patagonie…)  ne sera pas de refus, nous sommes un peu « harassés » mais c’était sans compter sur le boucan tonitruant de ce festival, dont la musique arrive jusqu’à nos oreilles.

u L’hôtel O’tai : une petite merveille, bungalows disséminés au milieu d’une imposante verdure fleurie, petite terrasse en planches,  sur le lit une serviette savamment arrangée, dessus une grande fleur. Après un court repos, nous allons en quête de boissons dans ce petit bourg de Hanga Roa, l’unique village de l’île et trouvons sur Atamu Tekena des petites supérettes.

 

v Sa situation : Située à 3760 kms du Chili et à 4100 kms de Tahiti, l’île de Pâques, une des terres les plus isolées du monde est une minuscule île volcanique qui s’est formée à partir de trois volcans aujourd’hui éteints. Des lacs d’eau douce tapissent le fond, les flancs sont en pente douce et recouverts d’étendues herbeuses.

Par contre, le reste de l’île, presque totalement pelé est pierreux, les forêts ont disparu à cause de la surpopulation (incendies dus aux cultures sur brûlis qui échappaient au contrôle des paysans mais aussi ceux dus aux incessantes guerres tribales, il y avait également les rituels funéraires qui imposaient la crémation des morts sur d’énormes buchers, gros consommateurs de bois) ne reste que peu d’arbres, quelques bouquets de cocotiers et d’eucalyptus plantés récemment.  De forme triangulaire, elle ne fait que 24 km de long, pour 12 de large, Rapa Nui est entourée de falaises dont certaines atteignent près de 300 de haut, il n’y a qu’une seule plage, à Anakena, au Nord.

v Son histoire : Nul ne sait véritablement quels furent ses premiers habitants, des Mapuches, indiens originaires d’Amérique du Sud, ou provenant des Marquises, des îles Cook ? (les Maori rongo rongo, principaux dépositaires de la tradition et du savoir auraient pu éclairer notre lanterne, mais ils furent déportés en 1863 par des marchands d’esclaves péruviens.)  La tradition rapporte que les premiers habitants  avaient à leur tête un roi polynésien chassé de chez lui après une bataille perdue « Hotu Matu’a » dont chacun des six fils fonda sa propre tribu, ces tribus seraient à l’origine de ces immenses statues de la culture moai. Les traces les plus anciennes attestent une présence humaine remontant à l’an 800 environ.

     Æ La découverte : C’est le 5 Avril 1722, le soir du dimanche de Pâques que l’amiral hollandais Jakob Roggeveen, aperçut cette île alors inconnue, il la baptisa forcément !… « Ile de Pâques » ses habitants « les Pascuans » Mais ce n’est qu’en 1774, lorsque le Capitaine Cook y débarqua, que deux naturalistes allemands, en faisant des croquis des statues lui apportèrent la célébrité. Un français La Pérouse l’explora également, mais après son départ l’île retombe dans l’oubli et l’indifférence.   

Alors beaucoup trop peuplée (10000 habitants) elle fut le théâtre de violents conflits à la fin du 17èmesiècle. La destruction des statues de pierre (moaï) et des plateformes cérémonielles (ahu) est l’une des conséquences de ces guerres intestines.  Des catastrophes naturelles, notamment des tremblements de terre et des tsunamis ont sans doute également contribué au déclin de la civilisation pascuane. Tous les moai qu’il est possible de voir aujourd’hui ont été restaurés au 20èmesiècle.

     Æ Au fil du temps : L’arrivée des Européens en 1862 causa une véritable hécatombe parmi la population : baleiniers, planteurs qui mirent à sac les îles du Pacifique, puis vinrent les marchands d’esclaves qui voyaient dans ces Polynésiens une main-d’œuvre idéale pour travailler dans les mines de guano au Pérou, cette opération se traduisit par la disparition de 80 % de la population, chefs, vieux sages, savants, prêtres… L’évêque de Tahiti obtint la libération des survivants, hélas, en rentrant dans l’île, ceux-ci ramenèrent avec eux de nombreuses maladies, dont la variole qui continuera à ravager la population.   

v 1864 des missionnaires catholiques convertirent sans difficulté les quelques insulaires qui avaient survécu (600 habitants)  réduisant la culture locale à néant.   

v 1868 les archéologues du British Museum, profitant de la faiblesse et du dénuement de l’île, s’emparent des plus beaux moai.

On peut toutefois se demander pourquoi surtout depuis 1995 quand l’île passa sous la protection de l’Unesco, les Pascuans n’ont pas tenté de récupérer ce qui leur avait été volé !

 v 1870 un aventurier français : Jean-Baptiste Dutroux-Bornier importe des moutons et introduit le commerce de la laine, il se proclame roi, exploite les Pascuans, il envisage de transformer toute l’île en exploitation agricole et d’expulser les insulaires vers les plantations de Tahiti, véritable tyran, il sera assassiné par les insulaires en 1877. L’île alors ne compte plus que 110 habitants et est dans une décadence et une misère sans issue, elle le restera ainsi pendant plusieurs décennies.

 Les Pascuans essayèrent plusieurs fois de faire rattacher leur île à la France, mais le peu d’intérêt des français pour ce caillou inutilisable à leurs yeux, fit que c’est finalement le Chili qui prit officiellement possession de l’île en :

v 1888, c’est maintenant un nouveau département de la province de Valparaiso. Ce gouvernement céda l’île à une grande compagnie anglaise spécialisée dans la laine, ce gigantesque élevage de moutons, jusqu’à 55 000 bêtes, achèvera de détruire la végétation.

v 1953. Le gouvernement chilien reprendra le territoire, y installe les militaires. Ce n’est qu’en :  

v 1960 que le régime se libéralise, les Pascuans acquièrent enfin le droit de vote et obtiennent des papiers d’identité. Leur existence s’améliore : électricité, eau courant, école. 

 L'île a été déclaré patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en v 1995.

 

        u Et si on parlait de ces mystérieuses statues, qui font tant couler d’encre : les moais. 

On en recense actuellement près de 887 sur l’île, les plus anciennes semblent avoir été taillées aux environs de l’an 800... Elevées pour la plupart en bord de mer, les yeux tournés vers l’intérieur, ces statues personnifiaient les ancêtres fondateurs de chaque clan, protégeant leurs descendants. Objets d’un culte fervent, chacune avait un nom, sculptées dans le tuf volcanique de la carrière du Rano Raraku, où demeurent de nombreuses statues à l’état d’ébauche, leur style et leur taille ont évolué avec le temps. Le plus imposant de tous aurait mesuré 21,80m de long pour un poids de 160 tonnes. Travail surhumain et longtemps resté inexpliqué, pour les amener des carrières, on peut voir à travers toute l’ile un grand nombre de  moaï cassés, abandonnés en chemin.    

Certains moaï portent sur la tête une sorte de chapeau rond de pierre rouge, autre signe particulier, ils avaient semble-t-il, des yeux de corail pour représenter le « visage vivant «  d’un ancêtre particulier, ces coraux étaient encastrés dans leurs grandes orbites, taillés une fois seulement que le moaï avait atteint l’ahu désigné.

 

  u Les ahu : plateformes cérémonielles qui supportaient les moai. Construits dans l’axe de la mer, ils variaient suivant les époques, les clans, etc… La plupart furent démolis par les guerres, les raz-de-marée, certains furent remontés de façon rudimentaire. Centres religieux et sociaux du clan, ces plateformes abritaient des chambres funéraires où étaient entreposés les ossements.

Les sites sont aujourd’hui tous protégés, on ne s’approche pas des statues, qu’elles soient debout ou couchées. Do n’t touch !...

 

      v Le tourisme. Aujourd’hui l’île de Pâques reçoit annuellement 60000 touristes par an. Ce tourisme l’enrichit, mais s’il devait devenir tourisme de masse, cela poserait beaucoup de problèmes, l’île qui ne possède qu’une ville, est trop petite pour recevoir des grandes infrastructures hôtelières qui risqueraient de rompre l’homogénéité pascuane. De plus ça crée des tensions entre ceux qui en vivent chichement et ceux qui restent en dehors de cette nouvelle richesse. Mais l’éloignement de cette île, malgré l’existence de la ligne aérienne entre Santiago et Tahiti, quatre à cinq fois par semaine, risque encore un moment de freiner l’enthousiasme du tourisme de masse.

Un peu embarrassant  de dire cela alors que nous venons d’y passer trois jours fort agréables…

L’île compte aujourd’hui à peine 4000 habitants, des polynésiens et des Chiliens venus profiter du soleil, ainsi que quelques dizaines d’étrangers, pour la plupart des Français mariés à des Pascuanes. Après dîner, nous nous rendons à l’esplanade de ce festival, de nombreuses chaises invitent à prendre place.

 

v Quelques lignes sur ce « Tapatai Rapa Nui » Ce festival qui existe depuis 1975 est considéré comme la plus grande manifestation culturelle du Pacifique. Æ musiques et  danses folkloriques polynésiennes, chants contant les légendes ancestrales Æ concours des plus beaux fruits et légumes de l’île Æ sports locaux Æ artisanat culturel (sculptures, tressage) Æ courses de chevaux.   

Pendant deux semaines, le village se partage en deux camps, chacun est représenté par une candidate à laquelle les habitants ramèneront des points en participants à des compétitions, la candidate du clan gagnant est élue reine de l’île, elle en représentera les traditions culturelles pour un an

Æ triathlon qui consiste en une traversée à la nage du lac de cratère de Rano Rakaru en costume traditionnel (une première traversée sur une barque de roseaux séchés, puis une course à pied autour du lac en portant un régime de bananes sous chaque bras, et enfin une seconde traversée du lac sur un surf en roseaux) Æ l’Haka pei (compétition la plus dangereuse du festival : allongés sur des troncs de bananiers liés entre eux, les participants descendent la pente du volcan Maunga pu’j le plus vite possible, la vitesse peut atteindre les 80 kms/h..

Ce festival qui a eu lieu en 2012 du 5 au 17 Février n’est pas un spectacle pour touristes, c’est l’occasion pour les îliens de renouer une fois l’an avec leurs traditions.

Il est près de minuit, après avoir longuement admiré les pascuans à travers l’expression de leurs danses culturelles et ancestrales, nous rejoignons notre hôtel.

 

 

® Jeudi 9 Février. 9 heures. Après avoir fait un tour panoramique des magnifiques jardins de l’hôtel, nous faisons la connaissance de Flora, et d’Esteban, notre chauffeur.   

Flora a rencontré son mari lorsque celui-ci effectuait son service militaire à Tahiti, ils se sont mariés et installés sur l’île de Pâques.   

Flora organisera le sens des visites en tentant de nous faire voir les statues face au soleil, de façon à ce que nous en ayons une meilleure vue, mais ça ne sera pas très facile, celles-ci étant toutes érigées le dos à la mer.  

Il fait 25 ° temps très agréable.

ÆAhu Vinapu  Sur la cote est près de l’extrémité de la piste de l’aéroport. (point A)  Lorsqu’on regarde une carte, on remarque que cette piste de 4 kms de long rejoint pratiquement les deux bords de mer….No comment !....

Cet ahu comporte un appareillage de pierres parfaitement ajustées sur deux rangées. La similitude avec certains vestiges incas est pour le moins troublante.  La tribu qui éleva cet ahu était la plus puissante de l’île, elle profitait de la bonne terre pour les cultures, eau fraiche propre, accès aux deux cotés de l’île, pratique pour la pêche. Les moai, renversés face contre terre durant les guerres tribales du 17ème siècle n’ont pas été redressés.

Flora attire notre attention sur un étrange bloc de pierre, de couleur rouge, posé devant l’une des plates-formes, en fait, il s’agit d’un moai sans tête, doté de courts membres inférieurs, cas rarissime tous les moai recensés sont dépourvus de jambes.

      

       

Æ  Rano Kau. S de l’île (point B) Une courte marche nous mène au mirador avec vue sur le cratère. Rano Kau est l’un des 3 anciens volcans, aujourd’hui éteint, sorti des entrailles de la terre, il y a plus de 2,5 millions d’années. Le fond du cratère est recouvert d’un petit lac, les pentes tapissées d’éboulis et de quelques bosquets d’arbres, la calderia fait 1600m de large et 200m de profondeur. Selon l’heure du jour et la luminosité, ils prennent des teintes de bleu au gris. Au fond des dizaines de petits lacs couverts de totora (joncs) composent un incroyable patchwork, il  y règne un microclimat, jusqu’en 1973, les habitants y venaient chercher de l’eau, mais aujourd’hui le site est protégé. Sur les flancs on y voit encore quelques bananiers plantés par la population qui y lavait son linge, ou y passait une journée de détente.

Æ Orongo  (point C) Entrée payante. On pénètre sur le site en traversant une salle-musée avec quelques photos et maquettes.  

Après une petite marche d’une centaine de mètres sur un sentier sinueux qui longe la falaise, offrant un superbe panorama, nous voila sur ce site d’Orongo, l’un des plus fascinants de l’île de Pâques. Ce site partiellement restauré nous montre quelques maisons du village cérémoniel, seulement utilisées au moment des cérémonies, exactement 53 maisons basses en pierre de basalte, à flanc de colline, presque en surplomb de l’océan, leur toit voûté est recouvert de terre. De forme elliptique, elles sont accessibles par une seule petite entrée latérale basse, car on craignait d’être attaqué pendant la nuit, et le vent est fort.  

Ces cérémonies réunissaient le roi, les grands prêtres et les représentants de chaque tribu.

Juste en contrebas, à la pointe, on découvre sur des rochers posés en équilibre au-dessus du vide, plus de 400 pétroglyphes, le plus grand nombre représente l’homme-oiseau. Face à ce site, trois points rocheux sur l’Océan : les îlots de Motu Nui (grande-île) Motu Iti (petite île) et Motu Kao-Kao.

    

Æ Ana Kai Tangata (point D) au sud de Hanga Roa. Un panneau indique le chemin de ce site, une grande grotte creusée dans des falaises noires présentant de magnifiques peintures rupestres, nous descendons par un sentier court mais raide, jusqu’à l’abord de la grotte, mais celle-ci est aujourd’hui interdite, d’ailleurs remplis d’éboulis.   Beau paysage à partir de cette baie

   

 

13 heures, c’est l’heure du déjeuner. Nous nous rendons à Manuia, au nord de Hanga Roa, le restaurant avec ses terrasses à deux niveaux est tout petit, à la proportion de cette minuscule île. Sympa cette idée de mettre comme dessert une statue de Pâques en chocolat …

Flora nous avait donné quartier libre jusqu’à 15h30, wouah !... 2h30 pour déjeuner, c’est bien looooong !... nous voilà confrontés au rythme des îliens, une journée qui ne commence pas avant 9 ou 10 h, visiter piano…. et finir tôt la journée. Nous arrivons à lui faire rétrécir ce champ, elle viendra nous chercher à 14h30, il est probable que nous avons compromis leur sieste… 

 

Le typique restaurant Manuia        

14h30, c’est reparti pour la visite de ces sites extraordinaires, énigmatiques :

 

Æ Puna Pau : 7 kms au NO d’Hanga Roa (point E)  Petit cratère de scories, c’est de celles-ci que l’on extrayait cette curieuse roche tendre rouge, utilisée par les anciens pour réaliser le pukao (chignon ou couvre-chef qui ornait les moai). Une vingtaine de pukao traînent encore plus ou moins bien conservés sur les bords du court sentier grimpant au sommet de la colline verdoyante.

Des panneaux le long du chemin expliquent que ces pukao étaient d’abord taillées grossièrement.  Durant le transport jusqu’au site final ils perdaient 1/3 de leur volume, uniquement par le frottement, ils étaient retaillés définitivement près des moais au sommet desquels on les fixait enfin. Une soixantaine de coiffes sont sorties de cette carrière, mais 25 sont toujours présentes sur le site et semblent attendre qu’on les transporte vers leur destination finale, des amateurs ? Ceci explique l’importance des volumes vus sur cette carrière.  Véritable travail de titan

C’est bien beau tout ça !..lacs tapissés de verdure au fond des anciens volcans, maisons de cérémonie, carrière de scories, mais point encore vu les statues debout,  le clou, le symbole de cette île, ce pourquoi nous avons fait tant d’heures d’avion !... Ne nous impatientons pas, ça va venir, du moins faut l’espérer….  Nous finissons la journée par l’énigmatique et superbe site de :

Æ Ahu Akivi. Au nord d’Hanga Roa (point F)  Le seul ahu érigé à l’intérieur des terres, le seul dont les 7 moai font face à la mer, ces derniers ne portent pas de pukao (chignon) Pourquoi cette différence ? aucun historien n’a a ce jour trouvé la réponse.  Ce site a été restauré en 1960 par un archéologue Chilien, restauration qui a demandé le travail de 30 hommes pendant un an, puis 90 ont été employés pour le transporter depuis la carrière jusqu’à la plate-forme sur une route qui aurait, elle, demandé deux mois de travail, auxquels s’ajoutent trois mois pour hisser les statues sur les plateformes.   Ce travail de titan inspire un profond respect, que dire du temps passé à  leurs constructions au cours du 1er siècle de notre ère….difficilement imaginable.

Aux entrées, des pascuans proposent leur artisanat, statuettes de bois, d’albâtre ou autres, bijoux de toute sorte.  Après un petit intermède nous permettant de mettre les pieds dans l’eau, nous allons à la découverte d’un autre site, le dernier de la journée

 

         

Æ Ahu Tahai au Nord d’Hanga Roa (point G) Adossé à la mer, l’ahu supporte un bel ensemble de 5 statues aux physionomies différentes. A coté se dressent deux moai solitaire, dont l’un, le moai Ko Te Riku a retrouvé son pukao (chignon rouge) et ses yeux, c’est le seul de l’île dans ce cas.

En regardant de près ma carte, je m’aperçois que ce site doit être génial au coucher du soleil, j’en parle à Flora qui va faire de son mieux pour que l’on nous serve assez rapidement au restaurant.

  

 

Justement, nous y voila au restaurant, ce soir ce sera au « Hetu U » Atamu Tekena, repas servi sur une terrasse ombragée, très agréable cadre. Malgré la rapidité, et du service… et de la conduite d’Esteban… je louperais le coucher de soleil sur les statues, il nous a manqué 30 minutes, je dirais QUE ! 30 minutes.

Etant assaillie de remarques désobligeantes de la part du couple qui avait déjà fait des siennes lors de l’excursion loupée aux pingouins de l’île de Chiloé, je prends la décision de ne pas dîner et d’aller seule le lendemain soir voir ce coucher de soleil, j’estime que ce n’est pas la peine d’aller si loin….. d’être devant ces statues si extraordinaires….. et de préférer un banal dîner à ce splendide spectacle !...... d’autant que chance inouïe, il y fait un temps superbe.

 Je ne demandais pas grand-chose… juste dîner 45 mns plus vite ! ce fût la seule chose, sortant du programme, que je me suis permise de solliciter, contrairement à ce couple de patrons qui accompagné de leurs amis nous ont, les cinq autres du voyage, écrasés de leur supériorité, imposant avec véhémence à chaque fois leur point de vue.

Petit message personnel : quoique je suis certaine que vous n’ayez que faire de mon reportage, ça vous passe au-dessus de la tête… si à mon grand étonnement vous lisiez cette page, je vous passe le bonjour, à vous qui n’avez pas jugé utile de me donner votre adresse mail en échange de la mienne !.... ni de mettre un mot sur mon livre d’or.

Je retournerais seule voir les danses du festival, ce n’est pas très loin de l’hôtel, et il fait si bon.

® Vendredi 10 Février    Bonjour Flora.    

Celle-ci, pratiquement certaine de sa réponse, commence par  nous demander si le coucher de soleil était chouette, ben !.... elle se propose alors de demander d’avancer l’heure au restaurant. Dégoûtée par la grise mine et les murmures de réprobation des 4 co-voyageurs cités plus haut, je lui fais part de mes intentions : me passer de dîner et aller tranquillement sur le site qui est à moins de 500m de l’hôtel. Comprenant probablement mon ressenti et ma frustration !.... elle propose de demander un « encas » au restaurant, que mon mari m’apportera,  voilà qui est fait !..... c’est alors qu’une autre des co-voyageuses optera comme moi pour le coucher du soleil sur les statues, tiens donc !   Nous reprenons possession de notre petit Mercedes et continuons notre découverte de ces lieux mystiques :

Æ Ahu Akahanga au SE sur la cote est (point H) Ce site ne ressemble pas aux autres, et pour cause….il est en ruines, on peut voir quelques fondations de maisons ainsi que quelques moai à terre, éparpillés, conséquence de la lutte entre les différents clans, les combats devaient être très violents, certaines statues étant carrément décapitées.

 Æ Ahu Tongariki, à l’Est de l’île (point I) Cet ahu situé près de deux volcans : Rano Raraku et Poike, fut mis lui aussi à terre. En 1960, un tsunami a balayé le site sur son passage, dispersant les statues et les coiffes à plus d’une centaine de mètres à l’intérieur des terres.

Magnifiquement restauré grâce à une société japonaise de 1992 à 1995, Tongariki est le plus important site de moai de l’île. Il réunit 15 statues géantes (de différentes tailles) sur un même ahu long de 200m et surélevé en son centre de près de 3 m. Ici les moai font face au coucher de soleil pendant le solstice d’été. Seul un pukao a été replacé sur l’un des moai.

Pas de chance, mais devrait-on vraiment s’en plaindre ! les rayons cuisants de l’astre soleil sont face à nous, impossible de discerner les traits des visages des statues. Une photo prise de coté donne une idée un peu plus réaliste. Les moai disposés à proximité immédiate de la mer, font qu’il est impossible de les contourner, mais à Tongariki, il y a une sorte de petit port qui offre la possibilité de prendre de beaux clichés, les statues vues de dos, c’est vrai !... mais quelle originalité et quelle beauté.

      

Le moai le plus grand fait pas moins de 86 tonnes, les Pascuans, du fait de son imposante stature par rapport aux autres, l’ont surnommé affectueusement «  Général de Gaulle » c’est vrai qu’en regardant bien, on y trouve une petite ressemblance.

  Voilà un site qu’il faudrait venir admirer au lever du soleil, si c’est dans vos possibilités, n’hésitez pas une minute, conseil d’amie.

Tout à coté, un site exceptionnel, oui c’est vrai je me répète….. mais la longue promenade parmi ces gigantesques statues de pierre aux orbites sans yeux qui semblent scruter l’horizon, provoque une sensation étrange.

 Æ Rano Raraku (point J) C’est le volcan qui servit de carrière à presque tous les moai.

Sa roche faite de tuf et de cendres compressées procure un excellent matériau pour la sculpture, qui était travaillée avec des pics de haches polies de basalte. Au centre du cratère un petit lac, sur chaque versant du volcan, 397 statues inachevées, abandonnées en cours de transport, cassées. Les historiens se penchent toujours sur la raison de ces abandons en nombre (révolte, renversement du pouvoir royal, guerres tribales, cataclysmes naturels, tsunami, sécheresses, mais aussi peut-être surexploitation des ressources ayant entraîné un manque de bois pour faire glisser les moai vers leur lieu de destination, épidémies….)


Du parking, un sentier serpente et grimpe peu à peu la pente sud du volcan nous permettant d’admirer les moai laissés là, n’apparaissent que la tête et le cou, laissant à penser que, peut-être, un corps de statue est enseveli dans cette terre fertile. Au bout d’une trentaine de minutes de marche, nous arrivons à la carrière, on peut voir que certains moai ne sont encore qu’à l’état d’ébauche, inachevés, encore sertis dans la roche du volcan

 

         

 

Que ce moai est étrange ! il ne ressemble vraiment pas aux autres,  je vous présente l’étonnant « tukuturi » Petite statue de 4 mètres de haut, enterrée lors de sa découverte il a fallu pas moins de 20 personnes, une jeep, une grue, des poteaux, des cordes et des chaînes pour la redresser.   Cet insolite moai est le seul de cette forme découvert sur l’île de Pâques.  C’est une statue d’homme à genoux, à la tête ronde, on lui imagine une barbe.

Autre bizarrerie de Tukuturi, c’est sa fabrication, contrairement à toutes les statues qui ont été taillées dans la roche volcanique de Rano Raraku, elle a été taillée dans la roche tendre des scories de Puna Pau, normalement destinée à la fabrication des pukao rouge (chignon) carrière qui se trouve de l’autre coté de l’île. Pourquoi a-t-elle été acheminée sur ce site, et non sur un ahu ? pourquoi l’homme est-il à genoux ? Aucune réponse n’a été donnée à ce jour par les historiens et archéologues,  interrogations qui contribuent à mystifier cette statue.

De là, superbe panorama sur le site de Tongariki et la presqu’île de Poike. Lorsque cette carrière à brusquement cessé son activité, on estime qu’environ 320 moaï étaient en cours d’exécution ou prêts à être acheminés (vous suivez bien !...  vous y retrouvez dans tous ces noms ? non probablement, rassurez-vous, c’était aussi le cas pour moi avant d’écrire ce reportage !...)

A la sortie de ce site, une aire de pique-nique sous les arbres, un peu plus loin, des kiosques pour y savourer son repas sans craindre les rayons brûlants du soleil. Vous l’avez deviné, c’est la pause déjeuner.  

Après avoir repris des forces grâce à ce frugal pique-nique, nous allons entamer la visite des dernier sites, mais avant, Flora nous octroie une petite pause photo pour revoir les statues de Tongariki, le soleil a tourné pas mal depuis notre passage, on aperçoit mieux les traits, merci Flora, tu as fait de ton mieux pour nous faire apprécier ta splendide île.   


  

 

 Æ Ahu Te Pito Kura. Sur la côte Nord, surplombant une crique, en face de la baie de la Pérouse (point K) On y voit le plus grand moai de l’île jamais hissé sur un ahu : 9,80m sans son chapeau et plus de 80 tonnes, la présence d’orbites oculaires prouve que ce moai a bien été debout, car celles-ci n’étaient creusées que lorsque la statue était à la verticale, il est brisé par le milieu et repose couché face contre terre, ses oreilles mesurent : tenez vous bien !  2 mètres, son chapeau à roulé à coté. Les guerres tribales au 19ème siècle sont encore passées par là !.

   Le nom de cet ahu vient d’une pierre située à une quarantaine de mètres. Cette pierre ovale parfaitement lisse et ronde, appelée te pito kura (« nombril du monde ») possède des propriétés magnétiques et retient étonnamment la chaleur. Flora nous invite tous à y poser le front afin d’y puiser une grande force, moi j’attends plutôt que le champ se libère lorsque chacun aura  fait le plein d’énergie…. Il est probable que cet endroit était un lieu de cérémonie avec son rituel.   

Il fait bien chaud en ce milieu d’après-midi, faire trempette dans les eaux chaudes de l’Océan serait bien agréable, Flora saurait-elle lire dans nos pensées ? voilà qu’elle nous amène dans un endroit idyllique : une minuscule plage de sable blanc, quelques cocotiers importés dans les années 1960 de Tahiti et de petites dunes lui confèrent ce coté paradisiaque

v Anakena, la seule plage de l’île, véritable site enchanteur doit être l’unique plage au monde arborant deux grands sites archéologiques. Ces statues qui semblent protéger les baigneurs sont les sentinelles d’une des plus curieuses et plus riches civilisations qui n’aient jamais existé sur terre.

    Æ Playa de Anakena (au Nord, point L) La légende raconte que c’est ici qu’aurait débarqué le roi Hotu Matu’a, l’ancêtre des Pascuans. C’est aujourd’hui le rendez-vous des vacanciers qui rêvent d’eau turquoise et de sable doux. Près du parking, quelques kiosques vendent boissons et fruits, grillent des brochettes de poulet, préparent des salades et proposent des gâteaux à la banane.

   


Æ L’ahu Nau Nau, sur la plage (point M)  restauré en 1979. Les sept statues dressées sur la plate-forme ont belle allure, quatre d’entre elles portent un pukao, deux autres sont tronquées, des fragments de têtes et de torses sont éparpillés devant l’ahu.

Elles sont superbement bien conservées, car après avoir été jetées à terre, elles restèrent longtemps enfouies dans le sable de la plage. On distingue leurs longues oreilles et, dans leur dos, des symboles évoquant les éléments naturels.

          Là encore l’emplacement des statues sur la côte Nord fait qu’en après-midi, nous avons le soleil dans les yeux.

 

    

 

Un tout petit peu plus loin, sur une colline dominant la plage :

Æ l’Ahu Ature Huki, il ne supporte qu’un seul moai, un des premiers à avoir été redressé sur l’île (1956) pour cela il fut utilisé la technique des petits cailloux qui remplissaient le vide fait cm par cm à chaque effort de redressement de la statue. C’est ici que l’on découvrit que les moai portaient des yeux de corail, car on en découvrit un enfoui dans le sable.

Les visites sont terminées, le soir tombe, arrive l’heure du dîner.

Après avoir accompagné les 4 convives et mon mari à leur restaurant, Esteban nous dépose Jacqueline et moi devant l’ahu Tahai, un régal ! nous avons le site pour nous seules, mais 30 minutes plus tard, le spectacle féérique du coucher de soleil sur les statues de l’île de Pâques attirant les touristes, nous sommes une bonne cinquantaine les appareils au poing à surveiller la courbe descendante des rayons.  

Ca y est, le spectacle est là, toujours magique, envoûtant, sublime, la carte postale…  j’arrête là mes  superlatifs…  vous en jugerez vous-mêmes avec ces quelques photos, classées en ordre, car dans l’hémisphère sud, le soleil…..tourne dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre.


   

   

 

Voilà, c’est fini, l’astre est maintenant invisible, une petite demi-heure de marche suffit pour qu’on se mette d’accord toutes les deux, on va tenter demain un « lever de soleil » on imagine déjà la couleur chaude des premiers rayons sur les pierres.

De retour à l’hôtel, nous profitons de notre « encas ». Petite anecdote qui finalement nous fait savourer un petit air de vengeance !  mon mari me racontera que le menu du restaurant a été un des plus minables qu’il soit depuis le départ du voyage, et pire encore, le service a été d’une grande lenteur, interminable, les 4 convives s’impatientaient mais ils ne pourront pas m’en faire le reproche….. ils auront ainsi eu le temps de manger et boire sans risquer d’avaler de travers….


® Samedi 11 Février. Il fait encore nuit noire lorsque munies d’une lampe, nous quittons l’hôtel sur la pointe des pieds, nous sommes sur les lieux de l’ahu Tahai avant que le soleil de ne lève, mais malheureusement nous n’avons pas la même chance qu’hier, de gros nuages bouchent l’horizon, de guerre lasse nous réintégrons le restaurant où il va être temps de prendre notre petit déjeuner.

Arrivés au port le soleil s’est dévoilé, nous aurons tout de même un petit aperçu de ces sublimes instants sur les barques colorées et ce moai bien solitaire.

      La Taverne du Pêcheur, grand bâtiment en bois qui donne sur le port est tenue par un français.

 

     


Il est dit que tout a une fin, mêmes les meilleures choses  !... ça sera sur ces images de lever de soleil sur le port de Hanga Roa que nous dirons adieu à l’île de Pâques. Le petit déjeuner avalé, il faut refaire les valises et rejoindre l’aéroport de Mataveri. Après un vol de 4h30 sur un Boeing 767 nous refoulons pour la énième fois le sol de l’aéroport de Santiago-du-Chili, un jeunot nous attend et nous mène à l’hôtel Nogales, d’où nous repartirons lundi à 20 heures pour un peu plus de 13 heures de vol sur un Airbus A340 vers la vieille Europe.

Arrivés à Madrid à 13h25 heure locale, nous apprenons qu’il y a grève chez Iberia, pas pensable ! moi qui n’avait justement pas voulu prendre Air France (mauvais souvenir au retour du Pérou) il faudra attendre l’affichage de 17 heures pour être certains du départ de notre avion pour Nantes. Nous sommes maintenant  seuls, no co-voyageurs sont déjà partis chacun vers leur destination. Notre avion n’étant qu’à 21 heures, l’aéroport s’est littéralement vidé, l’obscurité a envahi les extérieurs, ça devient lugubre.

Arrivés à Nantes à 22h35 sur un avion Air-Nostrum, dans un froid glacial, nous apercevons quelques monticules de neige ça et là dans les recoins de l’aéroport. Un représentant de l’agence nous attend et une heure plus tard nous espérons tourner la clef de notre serrure, sauf que !...... le copain qui en avait la garde s’est trompé de jour et ne l’a pas remise où on devait la trouver, pas grave, on a dû le faire se lever ….   merci téléphone portable…..

 

I

mpressions du voyage : J’ai été surprise de la physionomie chilienne proche de l’espagnol, m’attendant à retrouver la bonhommie péruvienne. v Cuisine : le souvenir le plus marquant aura été sans conteste le succulent et inimitable « curanto » spécialité de l’île de Chiloé. v Paysages : l’immense désert aride d’Atacama, sa lagune de sel et ses flamands roses, les geysers del Tatio à plus de 4300m découverts par une température de 4 °, la Patagonie, souvenir impérissable d’une région de bout du monde, émerveillement d’avoir pu voir les montagnes enneigées, les lacs bleus d’un parc Torres del Paine sous un soleil éblouissant, ses lamas, ses vigognes, et le clou du voyage : les statues énigmatiques et géantes de l’île de Pâques, vues elles aussi sous un soleil cuisant. u Mes regrets : L'emplacement des statues de Pâques principalement sur les côtes Est et Nord ont fait que nous les avions contre-soleil, une bonne partie de la journée !... la fonte incessante du glacier de Balmaceda qui a tendance à ne devenir plus que l'ombre de lui-même...et l'attitude très désagréable de 5 (sur 9 ....) de nos co-voyageurs, arrogants, vulgaires, imposant leur point de vue à des guides qui malheureusement ne se sont pas imposés, pénalisant ainsi le reste du mini-groupe. Je n'aurais d'ailleurs, contrairement à beaucoup d'autres voyages racontés sur ce site aucunes nouvelles d'aucun.

 

Je remercie les guides de chaque étape : Carlos Enrique (Santiago) Victor-Hugo (région d’Atacama) Inti (’île de Chiloé) Lenin (Patagonie) et Flora (’île de Pâques) leur parfait français et leur personnalité différente à laquelle nous avons dû, à chaque fois, nous adapter, a fait que ce voyage restera inoubliable. Dans mon délire, je n’oublierais pas les chauffeurs : Juan-Mario, Hugo, Inti, Yvan et Esteban, tous souriants et fort sympathiques.

 

Voila ! avec cette page le reportage de notre voyage dans ces contrées extrêmes est terminé, j’espère que celui-ci vous aura plu, peut-être donné envie d'y aller !

http://passionsvoyages.free.fr

Un livre d’or est à votre disposition pour vos commentaires ou questions. Merci d’avance et bonne balade !

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                Merci

  Hasta la Vista !  Au revoir !