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                 ð Suite du dimanche 18 Janvier 2009, point N° 7 carte itinéraire

 

11h30. Arrivée à Golela-Lavumisa, poste frontière. Le passage de la douane s’est fait à la vitesse de l’éclair, nous laissant tout de même le temps d'admirer les portraits du Roi et de la Reine-Mère placardés sur les murs ! Le passeport tamponné, nous entrons dans ce petit royaume du Swaziland, enclave au milieu de l’Afrique du Sud, réputé hélas ! pour son taux d’habitants contaminés par le virus du sida, le plus important du monde, l’espérance de vie n’y est même pas de 40 ans.

         Ci-dessous, un lien sidérant avec les statistiques récentes concernant entre autres, la démographie et la santé :

 

http://www.statistiques-mondiales.com/swaziland.htm

 

¯ « Nisela Safari » ce petit centre n’est pas qu’un restaurant, il fait aussi camping, propose des safaris, à l’occasion fait visiter sa « maison des serpents » où sont visibles serpents, lézards, scorpions, araignées.

Après déjeuner, nous sommes invités à aller assister aux repas d’un crocodile et de deux lions, impressionnant lorsque le crocodile ouvre la gueule pour croquer son énorme morceau de viande... les lions, eux, sont chacun dans un enclos grillagé, avec un sas pour le passage du camion qui leur apportera la nourriture, une antilope pour deux...

 

           

 

         Nous continuons notre route en direction de Manzini, une des principales villes du royaume, l'habitat traditionnel  de la campagne swazi est la hutte au toit de chaume, pas riche du tout !

       Mais qu’est-ce donc que ce petit royaume dont je l’avoue, je n’avais jamais entendu parlé auparavant   voici résumée ... son histoire qui vous le constaterez, est tout à fait insolite.

 

 

       Petit royaume enclavé d'Afrique australe composé de 88,5 % de Swazis et des minorités de Zoulous, d’Afrikaners, de Tsonga, de Britanniques, de Nyanja, de Sothos, de Comoriens ainsi que de nombreux réfugiés du Mozambique.



 

           ð Un petit brin d’histoire : Pays de 17000 km² pour 1,1million d’habitants. La famille régnante (clans bantous) y était établie depuis 250 ans environ. Au milieu du 19ème siècle, les attaques des Zoulous incitèrent le roi à demander la protection de la Gde-Bretagne, celle-ci en 1910, créa l’Union Africaine qui rassemblait toutes ses anciennes colonies britanniques, les swazis échappèrent à cette annexion. Après la guerre des Boers en 1902, les Anglais vainqueurs y imposèrent un protectorat, l’anglais devint langue officielle et obligatoire.
         Ce royaume obtint son indépendance en 1968, il est gouverné actuellement par Mswati lll. nommé roi en 1986 à l’âge de 18 ans, suite au décès de son père Sobhuza qui régna pendant 61 ans et qui eu 200.. 300.. enfants, peut-être plus !. Mswati lll se proclama « 
Ngwenyama » (le Lion) et nomma la reine mère « Ndlovukazi (lady Éléphant). La petite inscription sur les armoiries signifie : Nous sommes une forteresse !

 

                  Comment le roi est-il choisi parmi cette si nombreuse progéniture, il faut tout d’abord qu’il soit le seul garçon de cette femme, et ne pas être marié au moment du décès du roi, ce qui fut son cas puisqu’il n’avait alors que 14 ans, mais il y           a fort à parier que cette succession ne se fit pas sans heurts, les épouses royales convoitant la régence.

          Chaque année, au palais de la reine-mère, est organisée la « danse des roseaux » cérémonie durant laquelle il peut choisir une nouvelle épouse parmi les milliers de jeunes filles vierges. En 2008, elles étaient 50 000 a avoir coupé des roseaux qu’elles ont utilisés pour danser, les seins nus, devant le roi.

                 Ce roi, polygame, a aujourd’hui 14 épouses et 24 enfants, les épouses portent le titre de « mères de la Nation » celles qui ne lui ont pas encore donné d’enfant de «  fiancée » parmi celles-ci, une fut kidnappée en 2002, mais le roi ne fut jamais condamné par les tribunaux, malgré les poursuites engagées par la mère. Les deux dernières fiancées avaient 16 et 17 ans au moment de leur mariage.

 

Le nouveau roi, apparaît rapidement comme un souverain autoritaire, la monarchie y est absolue, les partis politiques sont interdits, la liberté d’expression y est très restreinte, les sujets tabous nombreux, il est strictement interdit aux journalistes de critiquer le roi, il arrive que le gouvernement interdise la publication de certains journaux. Une partie des membres du gouvernement et du parlement sont soigneusement choisis parmi la famille du roi.

 

           Le Swaziland est principalement rural et fait partie des pays les plus pauvres du monde, les dépenses du royaume sont alors fortement critiquées hors frontière, comme ce projet en 2002 d’acheter un jet privé de 36 millions d’euros, projet contré par le Parlement swazi. Mais ce roi n’en fait qu’à sa tête : pour les célébrations fastueuses de son 40ème anniversaire, couplé avec celui de l’indépendance (fin 2008) 41 BMW ont été livrées au palais, tandis que 8 des 13 épouses royales, accompagnées d’enfants, du personnel et de gardes du corps, faisaient leur shopping à ...Dubaï. Il vient de décider la construction de neuf nouveaux palais afin d’héberger ses épouses, le gouvernement a donc, sur son ordre, débloqué un crédit de 11,5 millions d’euros pour la Maison royale. Les Swazi, eux, attendront des jours meilleurs .... dans le même temps les Nations Unies rapportaient que le pays avait besoin de 16 millions d’euros en urgence pour assurer la survie d’une partie de la population menacée par la famine, après deux années de sécheresse. 300 000 d’entre eux sont dépendants de l’aide alimentaire internationale...

 

         L’école est payante, d’où une fréquentation scolaire en dents de scie, y sont enseignés le swazi et l’anglais, ainsi que le portugais, le français et l’afrikaans au secondaire. La plupart des documents administratifs sont dans les deux langues, par exemple, la monnaie présente des inscriptions unilingues anglaises.

 

           Pendant que Béatrice nous contait avec ferveur l’histoire de ce pauvre peuple du Swaziland, gouverné par un roi despote qui ne se préoccupe nullement de l’intérêt de ses sujets, trop attaché aux traditions, surtout celles qui servent ses intérêts personnels et ceux de sa famille, et qui fait bien souvent l’objet de critiques et de faits divers notoires, je disais donc, pendant que.... le bus lui, continuait sa route en direction de Manzini. Les régions traversées s’étagent entre 120 et 500 m d’altitude, il y a beaucoup de champs de cannes à sucre.

 

 

      En remontant vers le centre du pays, les paysages deviennent plus somptueux, l’altitude y est maintenant entre 500 et 1200 m, la région est fertile,  c’est le domaine de la culture du maïs, des patates douces, on y voit à l’infini des champs de coton et d’ananas, la capitale, Mbabane, possède d’ailleurs une conserverie

 

       u Vallée de Malkerns, nous visitons une fabrique de bougies qui existe depuis 1981. Aujourd’hui dimanche, l’atelier où travaillent près de 200 ouvriers est fermé, nous verrons une démonstration de cet art dans une pièce attenante au magasin de vente où deux artistes exécutent un éléphant bariolé et un rhinocéros noir.

 

Les bougies décoratives de Swazi sont fabriquées à la main.

L’artiste forme ses bougies d’un bloc de cire blanche, ramollie, sur lequel il a plaqué un ou plusieurs disques d’une cire dure spéciale et colorée selon le résultat qu’il désire obtenir, ce disque dur de placage constituera la coque extérieure de la bougie et ne fondra pas, la bougie allumée. Puis entre ses mains expertes, le bloc de cire, pétri, devient en quelques minutes, un éléphant, une girafe, un rhinocéros .... ou plus simplement un cube, une bougie, un bol...

 

 Les artistes modèlent un éventail de tailles et de formes, chaque modèle est moulé avec une grande attention au détail, ils représentent les couleurs des animaux de l’Afrique. Visite intéressante  A l’extérieur un magasin de coussins, sacs.... ainsi que quelques commerçants ambulants qui proposent des objets en bois sculpté et des colliers de graines.

 

       

 

 

                   Nous arrivons dans une jolie vallée, la « Happy Valley » (la vallée du ciel) dans celle-ci a été construits les bâtiments de l’Assemblée Nationale ainsi que le stade National. Sur le bord de la route, des hommes vendent du bois en bûches, bois provenant des forêts d’eucalyptus nombreuses dans la partie montagneuse du pays. Arrêt à la « House of Fire » le temps d’une pause, jolie architecture originale décor baroco, qui abrite des salles de concert.

 

 Nous apercevons le palais royal de Lozitha, demeure de la reine-mère, Ntombi Tfwala. Une fontaine entourée d’un lion et d’un éléphant, représentant le roi et sa mère rappellent cette monarchie, nous nous arrêterons un peu plus loin, de façon à avoir une vue plus intéressante sur ce palais, mais interdiction de prendre des photos...

 

L’hôtel, le « Mantenga Lodge » est situé à 800m d’altitude, dans la vallée d’Ezulwini, au pied du légendaire «  Rock Execution » Pourquoi ce nom ? parce que dans le temps, les coupables étaient jetés depuis les hauteurs de ce rocher...superbe hôtel complètement enfoui dans la nature.

 Il comporte quelques petits chalets en bois construits sur des échasses avec balcon donnant au-dessus de la vallée. Le dîner sera accompagné du chant des grenouilles, elles sont si nombreuses qu’elles couvrent presque nos voix.....à souhaiter qu’elles se taisent une fois que nous aurons quitté les lieux.

 

                               ð Lundi 19 Janvier 2009

 

De bonne heure, je me promène à travers les jardins de ce magnifique hôtel, promenade que je partage à cette heure matinale avec les petits singes (des grivets)  qui ne sont pas effrayés par ma seule présence. Magnifique paysage de carte postale que ce pic transperçant les nuages, et ce parmi une végétation abondante et colorée.

 

         

 

   

 

 

Départ à 8h30. A voir sur le bord de la route au milieu de nulle-part, ces espèces de cabanes recouvertes de tôles rouillées ! on a du mal à imaginer qu’à l’intérieur, vit une cinquantaine de petits commerçants.

 Ils présentent sur des tables de fortunes tout un arsenal d’objets d’art africain, bois sculpté, tableaux fait avec des feuilles de bananier, colliers, tee-shirts....ils tentent de nous intéresser à coup de « C’est joli...et c’est pas cher... »

 Les statuettes en « pierre à savon » sont jolies, je ne résisterais pas à la tentation d’en ramener une représentant une maman hippopotame et ses deux petits ...   baignant dans un lac, le tout à l’ombre d’un arbuste (un bonzaï qu’il m’a dit !.. j’t’en fiche...) qui lui n’aura pas résisté au  voyage... 800 grammes de plus dans la valise ....

 

   

 

 

¯ La pierre à savon est un minéral très tendre, qui présente des caractéristiques particulières, puisque à la fois résistante et molle, relativement façonnable à l’aide d’outils simples. Elle est sculptée à l’aide d’une machette, puis d’un couteau, le produit fini est ensuite poli dans de l’eau, à l’aide de papier de verre puis laissé couleur naturelle, passé au cirage, ou encore peint.

 

 Nous aurons l’occasion de voir des ouvriers en train de fabriquer ces statuettes en pierre à savon, un peu plus loin au sommet d’un col. Les familles qui vivent de cet art, habitent dans des petites maisons en terre et pierre avec un toit en feuilles de bananier.

 

 

    

 

          u Le village de Ngwenya  (crocodile en langue swazi)  poste frontalier sur la route de Mbabane, abrite la célèbre industrie de verre : « Ngwenya Glass Factory »  Cette usine  utilise pour sa production, (articles de table, vases, cruches, animaux africains) uniquement que du verre recyclé. Usine ré-ouverte en 1987, elle emploie aujourd’hui plusieurs dizaines d’ouvriers. Le verre provient des bouteilles recueillies partout dans le royaume, il est payé au kilo.

La verrerie a lancé en 1989 un fond de conservation de la faune, notamment pour le rhinocéros et l’éléphant de Ngwenya,  un pourcentage des ventes est donné à ce refuge pour espèces en voie de disparition.

Depuis une terrasse surplombant les ateliers, nous pouvons voir les souffleurs de verre au travail, il y fait une chaleur insupportable. Interdiction de prendre des photos.

 

http://www.ngwenyaglass.co.sz

 

         Nous continuons notre progression vers le Nord du pays, l’altitude est maintenant de 1200 à 1500 m, le paysage est montagneux avec des forêts de mimosas, de pins et d’eucalyptus, en hiver la température y avoisine les 0°. Le passage de la frontière se fera dans le petit village de Matsamo.

 

           ¯ Déjeuner dans un village culturel swazi traditionnel. Après le repas, nous visitons ce centre culturel qui ressemble beaucoup à celui zoulou visité précédemment, nous devons là aussi crier pour demander l’autorisation d’entrer.

         Sur le petit pont, on nous remet autour du cou un collier de graines ainsi qu’un pot à bière, et c’est parti pour une photo souvenir avec une des jeunes filles swazis. Le centre (village + troupe de danseurs et musiciens) fournit des revenus à 100 personnes

          Le pot à bière, était utilisé pour y boire une bière à base de sorgho. Les pots étaient ornés de dessins en relief gravés sur la surface autour de l’ouverture. Ces ornements servaient aussi à assurer une meilleure prise. Lors d’une visite, tout le monde buvait dans les pots à bière qui passaient de mains en mains.

         Assis à l’ombre sur des troncs d’arbre, nous assistons par le groupe Matsamo, à 30 mns de chants et danses (a capella) style musical appelé Mbube en africain, style qui  a été rendu célèbre par la chanson « The Lion sleeps tonight » chanson populaire africaine composée en 1939. Pur moment de bonheur

         Le groupe Matsamo a été formé en 2001, il rassemble des jeunes autour de l’évocation de leur passé et de leur histoire, se concentre sur la musique, le chant et la danse de tradition sud-africaine, afin de préserver leur héritage. Les participants sont formés au centre culturel, où ils suivent des cours de chants, de théâtre, de danse, de musique. Le spectacle est généralement constitué d’environ 40 membres et est divisé en deux parties, la première consiste en une variété de danses exécutées par des femmes mariées, puis par des jeunes filles, et enfin par des hommes qui réalisent de véritables prouesses acrobatiques, la seconde partie se compose de chansons folkloriques, avec d’authentiques instruments africains. A la fin du spectacle, le public est invité à participer.

     

         Ci-dessous, deux vidéos d’à peine une minute chacune présentant les chants et danses :

       

         Depuis le milieu de 2003, le groupe « Matsamo Folk music and Dance » se produit lors d’évènements nationaux et internationaux, ils considèrent cette situation comme une chance unique de promouvoir leur province. En 2007, ils ont participé au Festival International de Confolens (16)

         De retour en Afrique du Sud, nous pénétrons dans la Mpumalanga, province située dans la partie est du Transvaal, son nom signifie « lieu où se lève le soleil » le paysage est joli avec une succession de massifs granitiques rosés.

        u L’hôtel Numbi est situé à Hazyview, au cœur de la province de Mpumalanga, en plein cœur d’une région très prisée des touristes, avec le parc Kruger, le canyon de la Blyde River, ainsi que Pilgrim’s Rest, ancienne ville des chercheurs d’or.

          Rendez-vous, page suivante, pour découvrir notre journée au Parc Kruger è

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