Falaises Ta'Cenc

* Mercredi 12 avril (suite et fin). Après avoir passé la matinée autour des temples néolithiques de Ggantija, nous nous apprêtons à découvrir les fabuleuses falaises de Cenc. Pour ce faire nous prenons le 305 qui nous mènera en une dizaine de minutes au terminus du même nom.

Première difficulté, le terminus Cenc ne mène nulle part si ce n’est sur un rond point. Il nous faut revenir sur nos pas et contourner un hôtel dont les accès vers la mer ont été privatisés. De là nous traversons un parking et enfin arrivons sur un chemin de terre, ouf ! nous avons trouvé la bonne direction.

Le guide du routard indiquait qu’il fallait prendre sitôt l’hôtel un sentier sur la droite, mais de sentier nenni ne trouverons, pas plus que d’indications d’ailleurs !...à croire que les panneaux indicateurs se sont envolés aidés en cela par le vent qui souffle sur cette île, et nous marchons sur ce chemin de terre qui assez rapidement devient une route goudronnée. Le soleil est là, c’est certain ce soir nous en ressentirons les effets…

Point N° 6 carte itinéraire.

Et nous marchons, marchons… notre bût était d’atteindre la baie de « Mgarr ix Xini » en longeant les falaises sur près de 4 kms, là nous marchons sur la route, peu de circulation, mais aussi peu de monde, pour le moment en terrain relativement plat. La famille rencontrée nous fait comprendre qu’on peut rejoindre la baie en traversant les champs à condition d’être bien chaussées, quelque peu incrédules nous préférons suivre cette route qui elle, ne nous perdra pas.

La vue panoramique qui nous est alors offerte nous récompense de tous nos efforts, l’église gothique (eh oui pour une fois ce n’est pas du baroque !) de Notre-Dame-de-Lorette coiffant le village blanc de Ghajnsielem nous accompagne une bonne partie de ce parcours. Elle apparaît d’abord sur notre gauche avec le village à ses pieds, puis en face, enfin sur notre droite comme posée sur les rochers et la verdure, pour finalement ne plus être visible lorsque nous entamerons notre descente. Cette église sera lors de notre retour un point de repère.

Aie !! maintenant ça descend … ça descend même beaucoup… et puis enfin nous l’apercevons ! de minuscule elle devient petite puis plus grande… elle, la tour fortifiée qui garde l’entrée de ce fjord gozitain mais surtout ! qui nous fait entrevoir l’approche de la baie.

Sur notre droite, rampant vers la mer, de la lande, des cactus, des figuiers de barbarie, de la broussaille..…

    

Presque arrivées, nous nous heurtons à un sens interdit (réservé aux utilisateurs du restaurant). Hé bien ! échaudées par notre expérience de la vieille, cette fois on n’en tient pas compte et on franchit un portail d’où part un escalier à même la roche, et là incroyable de ma part ! encouragée par ma sœur à coup de « allez, viens ! » je descends et je descends encore… je pense surtout à la remontée, alourdie de mon bagage boissons-photos, cette flopée de marches de pierre pour finalement arriver au ras de l’eau.

Où je ne me suis pas trop sentie à l’aise, c’est que lorsque à mi-descente j’ai voulu prendre des photos, moi chaussée en randonneuse j’ai presque marché sur les orteils de gens qui allongés prenaient un bain de soleil…

La baie de Mgarr ix Xini’ est considérée comme l’un des paysages naturels les plus enchanteurs de Gozo, elle a connu la célébrité en 2015 grâce au film d’Angelina Jolie «  Vue sur mer »

Un restaurant « Al Kantra » est installé, agrippé sur le calcaire de la baie. A l’issue de notre grimpette nous désirons, une fois n’est pas coutume, nous offrir une boisson bien fraîche, mais malgré notre présence pour le moins évidente, aucun serveur ne viendra nous demander ce que l’on désire, tant pis !

Je m’aperçois, en faisant des recherches pour l’élaboration de ce site, que nous ne sommes pas allées au bout de la balade, il aurait fallu, depuis la route, bien avant d’entamer la descente prendre un petit chemin à gauche qui aurait rejoint une autre route qui menait à l’autre extrémité de la baie, mais voilà, les chemins ne sont certainement qu’un passage à travers les broussailles (d’où probablement ce que la famille avait voulu nous dire….) vaut mieux ne pas prendre de risques, surtout quand on marche. 

  

Maintenant il faut tout remonter….. j’avoue humblement que si à cet instant un chauffeur de taxi se serait proposé, j’acceptais sans hésiter, et pourtant avec le recul, je suis fière d’avoir tout remonté et surtout nous aurions très certainement loupé les fabuleuses falaises !..


On remontera tranquillement, prenant notre temps, parfois en croisant d’autres randonneurs. Pour me donner du courage, de temps en temps je regarde en arrière et vois la tour qui petit à petit s’éloigne quand enfin l’église de Chajnsielem apparaît, signe que nous arrivons sur le plat.

A proximité de l’hôtel, un couple de français véhiculé nous apostrophe et nous demande si on a trouvé les falaises. « Ben non ! » Ni une, ni deux, l’homme arrête une voiture et dans un anglais impeccable se renseigne. Il s’avère qu’il faut prendre un sentier, le mot est fort… on va plutôt dire une brèche dans la broussaille, à seulement une cinquantaine de mètres d’où l’on s’est arrêté.

Malgré notre fatigue, on ne va pas s’arrêter si près du but, nous  leur emboîtons le pas. On va ainsi marcher dans la rocaille, pendant environ 300 mètres quand enfin elles apparaissent !... Je puis vous assurer que ça valait l’effort. Alors pourquoi ne fournir aucunes indications ? car sur ce coup là, on a eu vraiment « un coup de bol »

C’est ce sentier !!.. là que je désirais longer jusqu’à la baie, mais on s’aperçoit que ça aurait été mission impossible, terrain trop inégalé, trop de rochers, de broussailles, c’est loin d’être un sentier côtier comme indiqué dans le GDR. Nous  longeons ainsi ces falaises pendant environ 300 mètres, nos amis d’un instant continuent, ils sont jeunes ! et ont l’intention d’attendre le coucher de soleil, c’est vrai que ça doit être magique !

Bien que l’avoir souhaité, je ne le désire pas, car à la fréquence d’un seul bus toutes les heures, sans parler de leurs passages fantaisistes, c’est trop risqué de se retrouver perdues dans cet endroit très reculé.

Par le plus grand des hasards, nous retrouverons ce couple Vendredi à l’entrée de la rotonde de Mostar, le monde est vraiment petit ! Après un échange de nos aventures réciproques, nous leur demandons comment était le coucher de soleil sur les falaises, ils nous avoueront ne pas avoir eu la patience d’attendre, qu’ils avaient eu trop froid ! Faut dire aussi que lorsque le soleil se couche, les températures dégringolent rapidement, mieux vaut prévoir une petite laine pour les soirées.

        

 

Les falaises de Cenc contemplées tout notre soul, à droite, à gauche, nous reprenons notre marche en direction de l’arrêt du bus, quand là à environ 30 mètres de nous, nous le voyons passer, il a 20 minutes d’avance !!... n’ayant personne il file sans même s’arrêter ….S’il avait été attentionné, ou même s’il se serait arrêté, il nous aurait bien vu arriver dans sa direction, on n’était pas si loin et le coin est désert, et nous impuissantes nous le regardons passer, il nous a manqué tout juste 60 secondes…..leur réputation est bien à la hauteur, en avance, en retard ou ne s’arrêtant pas !

Nous attendrons debout, je danse d’un pied sur l’autre pour tenter de calmer cette douleur qui s’est invitée, après ces kilomètres de marche ! tempête après ces foutus bus, se demandant quand le suivant va daigner passer !... il finira par arriver 45 minutes plus tard, c’est l’avant-dernier de la journée !...

Au milieu de ce rond-point, se dresse une sculpture en fer forgé, réalisé par le sculpteur Antoine Paul Camilleri en  2016, vu les circonstances on a le temps de l’admirer dans ses moindres détails, quoiqu’il ne faille pas non  plus s’éloigner de l’arrêt, méfiance, méfiance ! cet artiste rend hommage aux métiers de la terre en représentant trois fermiers à trois âges différents de leur vie, le plus âgé offrant son savoir et son expérience au plus jeune.

Ce soir, il nous faut refaire sommairement les valises, car demain nous allons prendre possession d’une autre maison AIRBNB, cette fois à Sliema, pourvu qu’on arrive plus facilement à la trouver cette fois !...

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