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Départ de Mandalay* Samedi 15 Janvier (suite)

Après la visite de Mandalay, ses temples et ses grottes, nous voici à bord d’un petit bateau pour une mini croisière sur l’Irrawady en direction de Bagan. Quelques heures plus tard  nous arrivons à Aye yav, petit port où  il y règne une importante activité,  Bagan est un port où l’on achète et vend des radeaux de troncs de bambou, les bambous coupés sont utilisés pour fabriquer des paniers, des cloisons de maisons et divers objets.

Le rivage est jonché de jarres vernissées,  fabriquées et cuites dans les petits villages de l’autre coté du fleuve puis amenées par radeaux à Bagan où elles seront proposées à la vente.

Bagan étant une terre trop aride, il n’était pas possible de cuire les briques destinées à la construction des temples, elles étaient alors amenées en bordure du fleuve, transportées sur celui-ci, puis apportées sur place avec les chars à bœufs.


   C’est bientôt le festival des pagodes, de nombreux pèlerins sont attendus de toutes les régions, des marchands forains vont s’installer et vendront des objets religieux, des soieries, des jarres, des vêtements……, les pèlerins repartiront avec leurs jarres neuves remplies de marchandises.

Port de Bagan  Port de Bagan  Port de Bagan, radeau transportant des jarres

Nous accostons en même temps que nos valises. De la même façon qu’à l’aller, ces hommes et ces femmes les transportent sur leurs épaules ou sur la tête.

Les hommes transportant les valises sur les épaules   Les hommes transportant les valises sur les épaules

Les gamins  à l'assault du bus

Une nuée de jeunes filles et garçons encercle le bus, avec l’intention de nous vendre leurs breloques de toutes sortes, dont leurs sacs sont remplis.

Nous faisons alors connaissance avec notre nouveau chauffeur et son assistant, ils se prénomment respectivement Kyaw et Maung Maung, je leur demande de m’inscrire leurs prénoms sur mon cahier de bord, n’ayant jamais réussi malgré mes nombreuses relances, à avoir les renseignements concernant ceux des précédents, auprès de Mi-Mi.

                       *   Bagan (point N° 8 carte itinéraire)  Photogénique, ce site archéologique de 42 km² est un bijou, avec plus de 5000 pagodes et temples. Il se situe à 144 kms au sud de Mandalay sur la rive est du fleuve Irrawaddy.

    *Quelques lignes d’histoire :

Bagan fut fondée par les Möns en l’an 107. En 1057, le roi Anawratha en fit son premier empire et un haut lieu du bouddhisme. Grand guerrier, il rapporta d’une de ses campagnes militaires de nombreuses reliques du Bouddha, auxquelles il fallait donner un cadre à la hauteur. Ce fut le début d’une ère de constructions de temples, pagodes et sanctuaires divers.

Erigés à une cadence infernale, on atteignit rapidement le nombre de 12000 monuments de toutes tailles et de toutes formes, le but étant d’atteindre le nirvana.

En 1287  Bagan est mise à sac par les troupes mongoles, mais l’envahisseur préserva le site, les dégradations et destructions provinrent des intempéries et des catastrophes naturelles, tremblements de terre, débordement du fleuve, calamités qui ravagèrent et détruisirent près d’un tiers des temples, survint ensuite l’abandon et le pillage.

En 1975, l'Unesco restaura les principaux monuments après le très violent tremblement de terre de 1975.

Mai 1990, ordre fut donné à tous les habitants de déménager leurs biens du vieux Bagan et de détruire leurs maisons….La population a été déplacée dans les villages environnants sous prétexte de construire une ville nouvelle plus salubre. Certains pensent que c’était une manière de réduire les contacts avec les étrangers, colporteurs d’idées démocrates.

Il est 17 heures, à travers les vitres du bus, nous commençons à admirer quelques temples et pagodes de briques et de stuc de ce merveilleux site archéologique et nous rendons directement à la :

* Pagode Shwesandaw pour admirer le coucher de soleil sur cette campagne de terre ocre.


Pagode Shwesandaw*L’histoire de la pagode en quelques lignes : Shwesandaw  qui signifie « Temple d’Or des Cheveux » fut le premier Zedi construit par le roi fondateur Anawrahta en 1058 pour abriter un cheveu de Bouddha offert par les Môns après la victoire de Thaton. Shwesandaw est au centre du royaume, tout un symbole, celui du passage à l’Empire, mais aussi cosmique, les terrasses représentant les versants du Mont Méru, la demeure des dieux.

Le style architectural est môn, mais avec un corps central (anda) en forme de cloche. L’anda, de base octogonale repose sur cinq terrasses carrées qui s’étagent en décroissant jusqu’à une plateforme d’où s’élève le stupa, la pointe couronnée d’une ombrelle ornée de joyaux est une réfection moderne.

Contenant une relique, Shwesandow est l’une des plus sacrées. Autrefois les terrasses possédaient des terres cuites représentant les Jatakas, les plus anciennes de Bagan, aujourd’hui il n’en reste pratiquement plus aucune.

Les hautes marches de Shwesandow       Cette pagode, l’une des plus élevées, offre depuis le stupa, accessible par un escalier de pierre presque à  pic…. une vue imprenable sur l’ensemble des temples !        Dans l’enceinte de cette pagode, se trouve un long bâtiment de brique abritant un bouddha couché de 18m de long (11ème)

       Wooouuaah !   on n’y est pas montés !  la pente est très raide, gare au vertige, les marches pour la première terrasse ça peut aller, mais les suivantes font au moins 35/40 cms de hauteur.

Allez courage…. et  d’une !…. puis une seconde !….. puis une troisième !…. finalement j’arriverais à monter jusqu’à la quatrième terrasse, mais là STOP ! je veertiiges..….. et toujours pieds nus ! une grosse barre inox a été installée pour aider à monter……. et empêcher la culbute lors de la descente….


Panorama, temples de la vallée de Bagan   Panorama, temples de la vallée de Bagan   Panorama, temples de la vallée de Bagan

Panorama, temples de la vallée de Bagan   Encore plus haut !   Panorama, temples de la vallée de Bagan

    Cette terrasse offre un superbe panorama à 360° sur la vallée de Bagan, avec ses nombreux temples qui émergent de la végétation. De notre observatoire, nous contemplons l’incessant défilé de calèches remplies de birmans, touristes et parfois de paysans, celles-ci soulèvent un nuage de poussière qui mélangé avec les premières lueurs du soleil se couchant offre un joli spectacle.

18h15, c'est la frustration, mais toute à une fin ! la communion entre l’astre et les temples de Bagan est terminée, le soleil nous a fait un beau cadeau, mais il nous dit au-revoir.

Coucher de soleil sur la plaine depuis la pagode Shwesandaw    Coucher de soleil sur les temples depuis la pagode Shwesandaw

Nous regagnons le Thazin Hôtel Garden dans le New Bagan. Cet hôtel est installé dans un beau jardin de palmiers, les chambres sont ornées de frises dépeignant des scènes de la période Bagan, les dessus de lits ont fait l’objet d’une superbe décoration florale.

Frises, hotel Thazin    Les jardins de l'hotel Thazin

Pagode sur les pelouses de l'hotel

Dans les jardins de l’hôtel, la pagode illuminée tranche sur le vert des pelouses, on la voit de loin.  Ca ne nous étonne pas, le site de Bagan en recélant plus de 2000 !

Nous dînons dehors devant cette pagode. Une surprise nous y attend, trois femmes « Padaung » sont assises sur des tapis, l’une d’elle tisse, les deux autres vendent des bijoux.

Ce n’était pas dans le programme, ne voulant pas accréditer ces mœurs, mais elles ne sont là que pour tenter de vendre quelques babioles. Vous l’aurez compris ! ce sont les femmes au long cou, les « femmes-girafes » tradition qui perdure encore malheureusement, parmi les femmes de cette ethnie. Elles viendront se trémousser quelques instants sous notre nez, probablement dans l’attente d’une pièce, suivies pas à pas de leur garde-chiourne !

 

Femme de l'ethnie 'Padaung'    Femme de l'ethnie 'Padaung'

                * Dimanche 16 Janvier

Levée à 7 heures, je cherche, je fouine autour de l’hôtel … j’emprisonne dans mon Nikon ces images magnifiques des temples colorés par les premières lueurs orangées du soleil.

Lever du soleil sur un temple autour de l'hôtel     Lever du soleil sur un temple autour de l'hôtel

 

Repas festif précédant une cérémonie du noviciatDépart à 8h30. Quant soudainement une musique arrive à nos oreilles, c’est une préparation pour un noviciatLes boeufs pomponnés., femmes et enfants déjeunent à même le sol, un véritable festin, il est pourtant très tôt !

500 mètres plus loin, dans une ambiance de foire, la musique à tue-tête, une vingtaine de chevaux et de chars à bœufs attendent, décorés et pomponnés.

Mi-Mi a fait stopper le bus, on admire, surpris et émerveillés, ces garçonnets vêtus d’habits princiers en satin, protégés par une ombrelle, maquillés, parés de bijoux, des fleurs de lotus piquées dans leur chapeau, il y a quelques petites filles, elles auront à l’occasion de cette fête leur première paire de boucles d’oreilles…  

En-tête de cortège, des jeunes femmes portent les huit objets indispensables pour l’entrée au monastère. Ces jeunes garçons y entrent pour quelques semaines, ils y seront rasés, revêtiront  la robe safran et feront le vœu des 10 préceptes (voir page spéciale moine).

 

Futurs novices  Jeunes filles portant les huit objets indispensables au futur novice   Futurs novices   Procession du noviciat

Cette procession s’élance vers la pagode ou le temple pour y faire des prières et donations. Les cérémonies de noviciats qui durent trois jours sont organisées une fois par an, chaque petite ville a la sienne, il n’y a pas de date précise.

 

 

Maintenant, je vous propose de découvrir Bagan et ses monuments aux formes étonnantes, pyramidales, carrées ou rectangles.

Une courte explication est nécessaire pour comprendre la différence entre la pagode et le temple !

 # La pagode (stûpa-zedi) 3 à 5 terrasses, est en forme de cloche surmontée d’un parasol, elle contient des reliques, des  pierres précieuses, mais on n'y entre pas, elle est seulement utilisée pour les manifestations religieuses et les offrandes, certaines possèdent des escaliers qui mènent de la terre au ciel…..

# Le temple, possède de 1 à 4 étages, un vestibule et un déambulatoire. Il a quatre entrées monumentales, à l’intérieur on y trouve des peintures murales, des La pagode Shwezigonniches avec statues de bouddha, des passages, des escaliers en colimaçon creusés dans les murs. Ces derniers mènent à l’étage supérieur, ensemble rectangulaire ou carré surmonté d’un toit en forme de flèche indienne et Autour de la pagode Shwezigonfini par l’ombrelle de Bouddha.

Notre première visite sera pour :

 * La pagode Shwezigon,  L’une des plus belles du pays, un petit air de Shwedagon.

* Quelques lignes d’histoire. Elle fût commencée en 1059 sous le roi Anawratha et renfermerait l’une des quatre répliques des dents de Bouddha. La pagode dorée est construite sur 3 terrasses surélevées, entre celles-ci : 547 plaques en émail relatant les Jatakas (vies antérieures de Bouddha) A chaque angle : une statue massive d’un lion garde la Pagode, alors que les escaliers le sont par des Makaras. Aux points cardinaux, en face des escaliers de la terrasse se trouve quatre chapelles, chacune renfermant un bouddha en bronze de 4 m de haut.

Escalier de la pagode Shwezigon  Bouddha de la pagode Shwezigon  Une chapelle de la pagode Shwezigon

De multiples stûpas, templions à toits à étages, salles de prières et sculptures florales encerclent le stûpa principal recouvert de feuilles d’or. C’est aussi le rendez-vous des vendeurs de fausses pierres.

Dans une salle, des statues du  prince Siddhârta à plusieurs épisodes importants de sa vie, il deviendra le premier Bouddha : l’Eveillé.

Pagode Shwedigon  Pagode Shwedigon  Statues du prince Siddhârta

Derrière une vitrine, les  « nats » du panthéon birman, objets de croyance intense.

Esprits de grands rois, de héros légendaires et de divinités de la nature, il en existaient des centaines jadis qui se cachaient dans Bouddha du temple Shwe-Gu-Gyiles forêts, les ruisseaux, sous les pierres.. Ils sont aujourd’hui au nombre officiel de 37. Certains sont bons, d’autres malveillants, ils sont habillés somptueusement et honorés régulièrement, car chaqu’un d’eux protège quelque chose.

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Le temple Shwe-Gu-Gyi,*  Le temple Shwe-Gu-Gyi, Construit en briques en face du palais royal en 1131. A l’intérieur, quatre statues de Bouddha assis.

Son histoire est tragique, celle d’un fils Natrathu, avide de pouvoir, qui étouffa son père, le roi Alaungsithu.  Cette mort violente valut à ce roi de devenir l’un des 37 « nats » vénérés.

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* Le temple Gawdawpalin. Un des plus grands et imposants (65mx52m) édifié en 1174 par le roi Narapatisithu après la construction du temple de Sulamani.

L’histoire dit que le roi aurait montré tant de cruauté lors de la construction de la pagode Sulamani, que l’éminent moine aurait fui au Sri Lanka en signe de protestation. Le roi supplia son moine de revenir, ce temple serait un hommage pour son retour.

Ce temple de forme carrée possède deux étages et de nombreuses terrasses. Fait de briques et de pierres, il a été construit près du fleuve, à un endroit où le grand-père du roi venait honorer des ancêtres rois et leur demander de retrouver la vue. Au fond de chacune des quatre portes, une niche avec un gros bouddha doré, les terrasses sont surmontées par une tour carrée, une  flèche conique et une ombrelle de 55 m. Il est aujourd’hui magnifiquement restauré, après avoir beaucoup souffert lors du tremblement de terre de 1975.

  Le temple Gawdawpalin. 

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* La région de Bagan, et plus particulièrement le village de Myinkaba, quelques kilomètres au Sud, est spécialisée dans la fabrication de laques.  C’est une tradition qui existe depuis 300 ans, les rois birmans avaient l’habitude d’offrir comme cadeau des objets en laque, on mettait également dans des coffres et des boites les manuscrits importants et les bijoux.

Artisans en train de laquer*Les méthodes sont ancestrales et perdurent toujours, fournissant du travail à des familles entières.


     En entaillant le laquier on recueille une sève de couleur noire.  Pour confectionner un objet laqué, on fait un support en bambou, bambou qui est découpé, assoupli pour lui donner la forme de l’objet désiré. Ce support ainsi crée est recouvert de laque à plusieurs reprises, en moyenne chaque objet aura bénéficié de 5 à 10 couches, mais cela peut aller
Artisans dorant ou peignant les objets laquésjusqu’à 20 pour les plus beaux.

Les ouvriers accroupis sur des tables basses, appliquent la laque avec leurs doigts ……. Entre chaque couche, l’objet doit sécher pendant 5 à 10 jours, dans une cave. Reste ensuite  à le décorer, soit les femmes peignent sur celui-ci des motifs à la main avant de recouvrir le tout d’une feuille d’or (qui va dorer les motifs) soit elles gravent, sans modèle ! les motifs au stylet, motifs inspirés de ceux des temples, qu’elles badigeonnent de peinture, puis les polissent.

Vous comprendrez qu’avec toutes ces manipulations, le temps de réalisation d’un objet peut aller de six à dix-huit mois ! Ces gens fabriquent des objets décoratifs mais aussi des ustensiles de tous les jours, vases, plateaux, bols, boites diverses dont la boîte à bétel ! ainsi que des meubles, des armoires, des jarres, etc…

   Un de ces artisans me proposera de dessiner un éléphant sur mon sac de toile.

Véritable bol à aumônesCes objets sont légers, résistants, la laque est inaltérable.  Je m’offre le véritable « bol à aumônes » cout de celui-ci : 18 dollars. (j’aurais préféré plus petit, style souvenir, mais y a Feuilles de bételpas !)   restera maintenant à le faire rentrer dans les valises !...  

Mais qu’est-ce ce donc que ce bétel, dont j’ai parlé de crachats dans les rues, dont on trouve des feuilles à vendre sur tous les marchés et qui apparemment tient une place importante dans la vie du birman ?

Le bétel est une sorte de feuille de vigne. On en superpose quelques unes avec de la noix d’arec, des feuilles de tabac séché, parfois de la chaux, il peut y avoir aussi de l’anis, de la cannelle….. le tout plié en une boule compacte prête à être dégustée, cette chique mastiquée à longueur de journée, produit un jus rouge. La plupart des chiqueurs en prennent 20 à 30 par jour.

Le bétel fait saliver et les hommes crachent sans aucun complexe, un peu partout, sur la rue, les trottoirs, sous votre nez…. ce jus de bétel rouge sang est carrément dégoûtant !  Un chiqueur se reconnaît à son sourire :  : dents rouges et rongées par cette drogue douce. Cette pratique remonterait au IXème siècle. Elle est aujourd’hui un objet de corruption, la chique lève à moindre coût bien des barrières de péage routier… (source Le Pt Futé)

Déjeuner au « Black Bamboo » restaurant tenu par un Birman marié à une … Française. Après celui-ci, visite de deux autres magnifiques temples :

Le dôme du temple Ananda*  Le temple Ananda. Le plus célèbre, le plus prestigieux, l’un des plus imposants et le mieux préservé. Il a été construit entre 1091 et 1105 par le roi Kyanzittha, puis entièrement restauré après le tremblement de terre de 1975. Les flèches ont été dorées en 1990 à l’occasion du 900ème anniversaire de sa construction. Temple Ananda, lion protecteurSes cinq terrasses s’élèvent sur un socle carré de 60 m.

Sa structure est en forme de croix grecque avec un cube central plein de 27 m de coté et un temple l’entourant de 60 m de coté. Pour y entrer, on emprunte un des quatre couloirs de 10 m de long, situé aux quatre points cardinaux, ces quatre entrées sont chacune gardées par des animaux majestueux et protecteurs sculptés dans le grès local. A chaque accès une niche contenant un bouddha debout (position favorite aux temps de Kyanzittha) de 9 m (les quatre qui auraient atteint le nirvana !)

Les statues sont en bois de teck d’un seul tenant, montées sur un trône en lotus de 2,50m, plaquées de feuilles d’or, seules celles du Nord et du Sud sont originales, les autres ayant été détruites par le feu. Les différentes positions de mains ont des symboles distincts (le premier sermon du Bouddha, le guérisseur,  l’apaisement)

Statue d'un bouddha debout - 9 m.  Temple Ananda  Bouddha, temple Ananda  Statue d'un bouddha debout

Calèche de promenade


A l’’extérieur, 554 tuiles vernies illustrant les dix dernières jatakas  (contes et histoires des vies antérieures du bouddha) décorent la base et les terrasses, l’ensemble de ces représentations est unique dans le monde bouddhiste.
  Dans l’entrée, sous des tentures criardes, un moine chante dans un micro les textes sacrés, il est entendu de loin.

Quelques secondes de cette récitation de prières :

Allez, on va changer un peu ! nous prenons possession d’une charrette traditionnelle, celle-ci est plus confortable, je peux m’asseoir à l’arrière et mettre les pieds sur le piédestal. La capuche baissée me servant de barrière de sécurité  il me sera alors possible de prendre des photos,  notre cocher est un charmant jeune homme qui à chaque « stop photo » répondait « ok ! » et qui attendait patiemment mon « go ! »  

Vous dire devant quels temples ou pagodes nous sommes passés au cours de ces deux heures de balade sur les chemins de terre m’est bien difficile, tant il y en a …. et tant ils se ressemblent !  le temple Thatbinnyu, avec ses 61 m de hauteur et ses terrasses crénelées était reconnaissable, ainsi que le temple Ananda resplendissant avec sa flèche dorée ou encore le Dhammayangyi, plus massif …..

Temple Thatbinnyu   Temple Ananda   Temple Dhammayangyi

 

vvvvvPagode Gubyaukgyi

*  La pagode Gubyaukgyi de Myingaba.  Un panneau de grès à l’entrée nous donne quelques indications, ce temple a un étage, de style Mön, repose sur un La pagode Gubyaukgyisoubassement carré, il fût construit en 1113 par le fils de Kyanzittha, les décorations en stuc sur les fenêtres et les piliers sont d’une finesse extrême.  A l’intérieur de nombreuses et remarquables peintures.

On doit sa construction à  une belle histoire d’amour.

Le futur roi Kyanzittha qui fuyant les foudres de son père vint se réfugier dans un endroit où vivaient un moine et sa nièce Thambulla, celle-ci devint sa maîtresse et tomba enceinte, le jeune homme offrit une bague à sa belle, lui demandant de la vendre si le bébé était une fille et de la ramener au Palais s’il s’agissait d’un garçon. 7 ans plus tard, Kyanzittha devenu roi, Thambulla se présenta au Palais avec la bague et son fils Rajakumar.  Kyanzittha en fit sa Reine, à la mort de son père, ce fils se servit de son héritage pour construire le temple Gubyaukgyi, et le dédia à son père.

Les pagodes sont aujourd’hui surveillées par des gardiens, ayant été récemment victimes de pillages et de vols.

La pagode Gubyaukgyi     La pagode Gubyaukgyi

STOP ! Arrêt dans un village perdu au milieu de nulle part : Min Nan Thu, les habitants heureux de notre présence  nous laisse regarder et photographier leur habitat bien modeste, une jeune fille fait frire pour sa famille des beignets qu’elle nous  propose, l’épicerie vend des bonbons, chaque village possède son propre temple ou les habitants vont en principe tous les matins, faire leurs offrandes et prier.

Je fais des heureux avec ce que j’ai toujours avec moi : quelques stylos, ballons, savons, shampooings, ils me donnent toutefois l’impression d’avoir l’habitude de recevoir ces cadeaux de la part des touristes car jamais aucun n’a manifesté de l’étonnement, ce qui moi au contraire m’a un peu étonnée !

Habitants du village de Min Nan Thu  Jeune fille faisant des beignets, Min Nan Thu   La vie dans le village de Min Nan Thu

 

Campement, bidonville près de BaganCampement, bidonville près de Bagan

Nous reprenons notre calèche. Voici un campement, quelle misère ! j’en éprouve un choc, ces familles vivent dans leurs carrioles, des troncs de bambou servent à la fois à faire sécher le linge et a attacher les boeufs… je suis très surprise que notre cocher soit passé par là, car ce n’est pas spécialement une image reluisante que nous voyons là !....

17h10.   Chut ! … je me concentre…. la carte photo va chauffer,  le soleil commence déjà à colorer les briques des temples, à mon signal, notre cocher devra souvent s’arrêter, j’aurais tout aussi bien fait de suivre à pied…. Les autres carrioles  venant de partout nous doublent, ce n’est pas gênant, je me régale ! …   Dans cette contrée, il faut faire attention aux serpents qui pourraient se cacher dans les herbes aux abords des temples peu fréquentés. 

Coucher de soleil sur les temples  Coucher de soleil sur les temples  Coucher de soleil sur les temples  Coucher de soleil sur les temples 

Notre sympathique cocher

Lorsque nous arrivons au :

 * temple Pyathadar, notre cocher nous dit « finish ! » Déjà ! j’aurais bien continué…  nous quittons ce gentil garçon, non sans l’avoir gratifié d’un bon pourboire, il l’a bien mérité, c’est bien dommage que nos conversations se limitaient à une dizaine de mots d’anglais seulement.

Ce temple a des influences indiennes, sa structure architecturale est faite de voûtes croisées et de larges corridors, il possède  quatre niches ouvertes à l’air libre, dans chaqu’une d’elle, une statue de (?) je suis certaine que vous avez deviné  ! Toujours les pieds nus, nous escaladons les marches d’un de ces couloirs voutés, sombres, celui-ci est éclairé par de simples bougies posées sur le sol. Arrivés sur la terrasse, nous allons admirer une seconde fois le soleil se couchant sur les temples et la plaine de Bagan.


Temple Pyathadar  La niche abritant bouddha, temple Pyathadar  Promeneurs, temple Pyathadar 

Couicher de soleil sur la plaine de BaganPourquoi cette vallée splendide ne fait-elle pas partie du patrimoine mondial de l’Unesco ? c’est un peu étonnant, non ! Réponse : parce que… le gouvernement a cru bon de construire une tour d’observation (payante) en plein milieu des temples, ainsi qu’un terrain de golf mis à la disposition de ces messieurs de la junte militaire. (il est conseillé de boycotter cette tour, mais maintenant qu’elle est là, qu’y faire ! …) il serait vraiment dommage que ce site se détériore faute de moyens, car il mérite à être connu.

Dîner au  Restaurant « Nandawun Riverside Garden ».

Un couple de marionnettistes nous fera une petite démonstration de leur talent. Les spectacles ont pour thèmes les jakatas ou les histoires des monuments religieux, il y a toujours un prince et une princesse dans les personnages principaux.

 Retour au Thazin Hôtel Garden.  

 

Temple Tayok Pye* Lundi 17 Janvier   Départ à 8h30. La première visite matinale sera pour un temple, le dernier que nous verrons, beaucoup moins Peintures murales, Tayok Pyeconnu :

 * Tayok Pye, construit au 13ème siècle par  Narathihapate roi qui  fuira à l’invasion mongole, ce qui explique qu’il n’est pas totalement terminé, le Sikkara sera édifié plus tard. Superbe temple à deux niveaux, le rez-de-chaussée contient des peintures murales admirables.

Je grimpe sur la terrasse, jette un dernier regard sur l’étendue du site, et d’un coup que vois-je ? une procession de noviciat qui vient par ici, quelle chance nous avons !

Celle-ci est plus intime, que quelques carrioles et chevaux, peu de touristes, et pour ne rien gâcher, contrairement à hier matin où nous avions dû photographier à l’ombre, ici c’est accompagné d’un superbe soleil que nous prenons part à la fête.

Vue panoramique sur les temples    Au pied du temple, la procession du noviciat s'avance

Les jeunes filles prêtes pour les offrandesLa cérémonie du noviciat, en toile de fond, le temple Tayok Pye          Images sublimes, ce contraste de couleurs avec le temple de briques en toile de fond, le mot n’est pas trop fort, vous pourrez juger vous-mêmes en regardant le diaporama de Bagan, ce que je vous conseille, bien évidemment !

    Cette vallée de Bagan est à ne surtout pas manquer ! un paysage à couper le souffle. Des milliers de temples et pagodes aux couleurs allant du blanc à l’orangé, mélange de stuc blanc et de briques, des milliers d’édifices qui pointent vers le ciel leurs dômes baignés par la lumière du soleil.

Nous terminerons la visite de ce lieu enchanteur qui nous a livré quelques uns de ses plus précieux trésors, par ce qui aurait pu être le départ de la visite, en l’occurrence ça sera notre « porte de sortie » !

*La porte de Sarabhâ.

ooooooooooooooo

Cette porte est un ultime vestige du site, le reste ayant été emporté par le fleuve.

Les murailles et ses 12 portes ont été construites par le roi Pyinba en l’an 849.  Deux nats dans leurs oratoires gardent celle-ci (un frère et sa sœur) Leur histoire ?  ils ont été injustement mis à morts par un roi voisin, depuis lors ils sont devenus les nats vénérés des habitants de Bagan, les protecteurs du pays, de la maison et de la famille. 

Un des deux nats de la porte Sarabhâ        La porte Sarabhâ, seul vestige de ce site archéologique

Marché de Nyaung-Oo, vendeuses de tanaka

Marchande à Nyaung-OO

Arrêt au marché de # Nyaung-Oo, toujours le même spectacle coloré, on ne s’en lasse pas ! femmes et enfants au visage recouvert de tanaka, paniers et jarres remplies de fruits et légumes, épices, poissons séchés, jaggeris,  étalages à même le sol de choux-fleurs, poivrons, tomates, piments rouge, haricots, bûchettes de tanaka….

Deux hommes déambulent parmi celui-ci, une jarre pendue à une tige de bambou, elle-même posée sur leurs épaules, pour attirer l’attention, l’un d’eux fait sonner un petit gong, image nouvelle pour nous. Une rue est réservée aux vendeurs de riz, celui-ci est proposé dans des superbes bacs en bois.

 

Image du marché de Nyaung-Oo  Marché de Nyaung-Oo

Marché de Nyaung-Oo  Marché de Nyaung-Oo  Marché de Nyaung-Oo

  Bacs de riz, marché de Nyaung-Oo  Epices, marché de Nyaung-Oo

Nous arrivons dans un autre quartier, celui des coupons de tissus et des objets laqués, j’ai envie d’acquérir plusieurs plateaux, je m’informe du prix auprès d’une jeune fille, elle me voit venir  … celui qu’elle me propose est irréel,  mais elle s’y tient.  Je m’en vais, mais elle s’accroche, me poursuit à travers tout le marché, finalement je les achèterais quelques stands plus loin à un jeune homme qui lui m’aura proposé de suite un prix correct que je ne marchanderais même pas. La jeune fille a vu notre transaction et regrette sans doute de ne pas avoir été raisonnable ! Vous me direz, qu’entend-t-on par prix correct ? faut dire que certains en avaient déjà acheté et que Mi-Mi nous avait donné à tous une fourchette de prix, celui demandé par cette jeune vendeuse correspondait non pas à la fourchette ….. Un toddy, sorte de palmier typiquement birmanmais au couvert complet !

Le dernier arrêt de la matinée sera la visite d’une fabrique artisanale de vin de palme et de « jaggery » (bonbons de sucre)  

Depuis quelques kilomètres, nous avions pu voir le long de la route les « toddys » une sorte de palmier propre à la Birmanie, équipés d’échelle de corde permettant aux paysans d’aller chercher le jus.

# Fabrication des jaggerys. Après incision au sommet du toddy, le jus s’écoule lentement dans des pots, le paysan, jeune homme svelte, jeune et pas sujet au vertige de préférence …. grimpe le long de l’échelle jusqu’au sommet et récupère les pots, il paraît qu’avant de monter, cet homme s’incline devant le palmier et fait une courte prière, rassurant ! je l’ai entendu dire, mais pas eu l’occasion de le voir faire..

Le jus recueilli est mis à bouillir pendant une heure dans de grandes marmites, sera brassé en permanence, il finira par prendre la consistance d’une mélasse, puis se solidifiera, les femmes, les mains dans cette mélasse, en feront des boulettes de sucre brut. Bonbons d’un goût exquis bien souvent proposés par les paysannes sur les marchés, mais d’une valeur calorique que je n’ose imaginer !

Fabrication des jaggerys  Récipients  Présentation de quelques jaggerys

# Le vin de palme est le résultat de la fermentation de ce jus de toddy.

Ce « toddy » pousse rapidement et en abondance au centre de la Birmanie. Très résistant, il est utilisé dans les campagnes pour l’habitat et la vannerie. Les palmes sont tressées à la main par les femmes, séchées elles peuvent faire office de toiture. Un homme debout sur une planche fait tourner un bœuf, je vous présente le moulin à huile artisanal….  Les cacahuètes (ou le sésame) sont broyées par le pilon, l’huile est alors récupérée dans le godet. Les petites branches, hachées par une machine artisanale, serviront de nourriture pour le bétail.

    

Vin de palme vendu aux touristesLe paysan, histoire de mettre du beurre dans ses épinards, plus sérieusement !... d’être moins misérable, vend ses jaggerys dans des petits paniers tressés,  ses bouteilles de vin  sont emballées de la même façon. Allez, on se laisse tenter,  mais ça commence à peser tout ça …...

Déjeuner au « Yangon Restaurant » puis route pour le Mont-Popa.  Adieu Bagan ! 

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